Publié le 11 décembre 2025
Le corridor Québec–Toronto du Canada est le plus peuplé du pays : il compte environ 17 millions d’habitants, soit plus de 40 % de la population canadienne. Ayant été conçue il y a des décennies, l’infrastructure de transport reliant les grandes villes du corridor a été construite pour une population plus petite et une économie différente. Par conséquent, elle a de plus en plus de difficulté à suivre le rythme de la demande. Il en résulte une congestion croissante sur les autoroutes et aux aéroports, ce qui ralentit les déplacements, augmente les émissions de gaz à effet de serre et limite l’activité économique.
Face à ces défis, un réseau ferroviaire à grande vitesse dans le corridor représente une solution concrète pour améliorer la mobilité, réduire la congestion et contribuer à la diminution des émissions liées au transport.
C'est dans cette optique qu’Alto développe un réseau de trains à grande vitesse d’environ 1 000 kilomètres qui reliera au moins sept villes entre Québec et Toronto.
L’impact économique d’un corridor saturé
Le manque de croissance soutenue de la productivité pèse déjà sur la performance économique du Canada. En 2024, le PIB réel par habitant a reculé de 1,4 %, faisant du Canada l’économie la moins performante parmi celles de l’OCDE. La Banque du Canada a identifié la faible croissance de la productivité comme un défi structurel majeur. Elle signale que la situation compromet une croissance durable, restreint les gains salariaux, et rend l’économie canadienne plus vulnérable à l’inflation et aux événements économiques mondiaux imprévus. Dans ce contexte, les obstacles à la mobilité ne sont pas seulement un inconvénient : ils nuisent à la productivité et aux possibilités économiques, surtout dans l’un des corridors les plus importants au pays.
Par exemple, l’INRIX estime que les conducteurs de Toronto et de Montréal perdent respectivement 61 heures et 58 heures par année dans le trafic, ce qui équivaut à environ une semaine et demie de travail. Des pertes économiques se manifestent également parce que nos jeunes ont moins accès à certaines universités et à certains programmes, et parce que nos entreprises ont de la difficulté à attirer de nouveaux talents et à trouver de nouveaux clients et fournisseurs.
L’ajout du réseau de trains à grande vitesse d’Alto générera des retombées économiques allant bien au-delà des possibilités d’emploi et d’affaires créées pendant la phase de construction du projet. Selon les estimations préliminaires, une fois en exploitation, son impact combiné sur la productivité, le marché du travail et le tourisme se traduira par une hausse annuelle du PIB de 1,1 % pour le Canada, ce qui équivaut à environ 24,5 milliards de dollars aujourd’hui.
Repenser avec le mobilité au moyen du train à grande vitesse
Alto est nécessaire parce que l’infrastructure de transport existante a déjà atteint sa capacité. L’extension du réseau autoroutier serait non seulement coûteuse, mais inefficace. Étant donné que la population devrait atteindre 21 millions d’habitants d’ici 2041, ce qui représente une augmentation de 28 % par rapport à aujourd’hui, la pression sur les réseaux de transport déjà limités et la congestion croissante sur les routes seront encore plus fortes. À l’heure actuelle, les déplacements en voiture représentent 97 % des trajets entre Québec et Toronto. Autrement dit, la demande pour des moyens de transport efficaces ne fera qu’augmenter.
Cette demande croissante se reflète dans les prévisions préliminaires d’Alto*, qui indiquent que le réseau de trains à grande vitesse pourrait transporter jusqu’à 24 millions d’usagers par année d’ici 2055, capturant environ 40 % des trajets interurbains sur les liaisons les plus longues, comme Montréal–Toronto et Ottawa–Toronto.
Un tel réseau aurait un impact important sur la mobilité au Canada. Il réduirait de près de moitié le temps de déplacement entre les grandes villes qu’il dessert : un déplacement entre Montréal et Toronto, qui prend de cinq à six heures en voiture (s’il n’y a pas de trafic), pourrait se faire en environ trois heures. Pour les voyageurs, cela représente un moyen confortable plus rapide et plus prévisible pour se déplacer d’une ville à l’autre.
Le réseau de trains à grande vitesse se distingue également par sa grande fiabilité. Contrairement aux trains existants, qui partagent les voies avec les trains de marchandises, Alto utilisera ses propres voies réservées, évitant ainsi les retards qui en découlent. Et parce qu’il s’agira d’un réseau électrifié, il aidera à réduire les émissions de gaz à effet de serre en offrant une solution plus durable aux millions de trajets en voiture ou de vols à courte distance.
Une expertise de classe mondiale au service du projet
Notre équipe est engagée dans la phase de développement et de préconstruction du projet, qui sert entre autres à consulter les Canadiens, à déterminer le tracé et à finaliser la conception du projet. Nous prévoyons commencer la construction en 2029-2030.
Pour assurer la solidité et la précision de notre proposition au gouvernement, nous comptons sur l’expertise de Cadence, une équipe de calibre mondial, menée par des entreprises canadiennes avec une vaste expérience dans la conception, le financement, la construction, et l’exploitation ainsi que l’entretien d’infrastructures ferroviaires intégrées et complexes.
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* Alto utilise un modèle multimodal de demande de transport, conforme aux pratiques internationales, pour élaborer ses prévisions d’achalandage. Cette approche s’appuie sur des méthodes éprouvées utilisées pour les grands projets de transport et prend en compte la demande interurbaine actuelle et les comportements de déplacement pour tous les modes de transport, les tendances démographiques et économiques à long terme, le transfert modal attendu de la voiture, de l’avion et de l’autobus vers les trains à grande vitesse, ainsi que les nouveaux trajets générés par l’amélioration du service.
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