Maria Luisa — Diriger l’ambitieux projet de trains à grande vitesse du Canada 

Publié le 4 mars 2026

L'équipe Alto Train à grande vitesse 101

En tant que cheffe de la direction, gestion du projet, Maria Luisa apporte à Alto plus de 25 ans de leadership international en matière de trains à grande vitesse, alliant une vaste expérience internationale à une approche structurée, axée sur l’intérêt public. Ayant contribué à étendre le réseau de trains à grande vitesse de l’Espagne et dirigé d’importants programmes à titre de présidente-directrice générale d’ADIF, elle applique maintenant une gestion de projet rigoureuse et un leadership fondé sur la confiance pour réaliser le premier réseau de trains à grande vitesse du Canada, conçu pour relier les régions et perdurer pendant des générations.


Qu’en est-il vraiment du projet de trains à grande vitesse? 

Je crois au train à grande vitesse, parce que j’ai vu comment il transforme un pays. En Espagne, il a complètement changé notre compréhension de la distance. Quand j’étais enfant, la distance était synonyme de conduite. Aujourd’hui, cela signifie le temps qu’il faut pour utiliser un train à grande vitesse. 

C’est également la façon la plus durable de déplacer des gens. Des centaines de passagers peuvent voyager simultanément grâce à l’électricité; il s’agit d’une solution à faibles émissions et à grande capacité. Les gares sont situées à proximité des centres urbains, les déplacements sont fiables et le temps est vraiment exploitable, que ce soit pour le travail, la détente ou les relations sociales. Vous pouvez faire un aller-retour entre les villes en une journée. C’est considérable.   

Le train à grande vitesse ouvre également la voie à la découverte, au tourisme et à la vitalité économique dans des villes autrefois considérées comme éloignées. Il améliore la mobilité et la vie. 

Maria Luisa
Cheffe de la direction, Gestion du projet
Le train à grande vitesse ouvre également la voie à la découverte, au tourisme et à la vitalité économique dans des villes autrefois considérées comme éloignées. Il améliore la mobilité et la vie.

Comment décririez-vous votre rôle dans une seule phrase?

Je dirige une équipe qui réalisera un projet de trains à grande vitesse dans les limites de la portée, du calendrier et du budget, un réseau qui servira vraiment les contribuables et répondra aux besoins et aux attentes des Canadiens.

Les styles de leadership varient, et ils comptent beaucoup dans n’importe quelle organisation. Comment décririez-vous le vôtre?

Le leadership se construit progressivement. Au début, vous gérez votre propre champ d’action. Plus tard, vous apprenez à travailler avec des experts, à écouter et à demeurer ouvert à l’apprentissage, tout en défendant l’intérêt public et la responsabilité à l’égard du public.

À mesure que les équipes se renforcent, la délégation devient essentielle. Ce n’est pas facile, parce que vous avez l’impression de perdre le contrôle, mais le succès vient du fait de s’entourer de gens très forts, meilleurs que vous. Vous devez être exigeant, mais vous devez également reconnaître le travail bien fait, car la crédibilité d’un leader repose sur ces deux aspects.

Lorsque les équipes s’agrandissent, le leadership est une question de confiance. On ne peut pas être partout. On doit se concentrer sur la situation globale et savoir quels éléments importent vraiment. Si ces éléments sont maîtrisés, le reste s’ensuit naturellement. 

Comment vous sentez-vous lorsque vous travaillez chez Alto, avec des gens qui sont tous si dévoués à la réalisation du projet?

Alto existe pour une raison : livrer un réseau de trains à grande vitesse. C’est extrêmement puissant. L’équipe réunit les meilleures compétences dans toutes les disciplines, ce qui accroît la confiance.

En tant qu’ingénieure ayant consacré une grande partie de ma carrière au train à grande vitesse, ce projet revêt pour moi une grande importance. J’en ai fait l’expérience, mais il y a des gens qui travaillent à ce projet maintenant et qui, un jour, seront dans le train qu’ils ont contribué à construire; ils comprendront alors ce que cela signifie vraiment de faire partie de quelque chose de grand, de transformateur.

Quels sont les défis que rencontrent les femmes à des postes à la haute direction, et comment avez-vous relevé ces défis au cours de votre carrière?

L’un des défis est l’idée que les femmes ont — ou devraient avoir — un style de leadership unique. C’est faux. Ce qui compte le plus, c’est l’authenticité.

Tout au long de ma carrière, j’ai appris en observant les autres, les hommes comme les femmes. J’ai gardé ce que je croyais être bon et j’ai évité ce qui ne l’était pas. J’ai appris à faire pression lorsque cela était nécessaire, à célébrer les succès, à défendre les équipes à l’extérieur et à résoudre les conflits en interne.

Le leadership n’est pas une question de genre, mais de personnes qui travaillent à l’atteinte d’un objectif commun. Il existe de l’empathie chez les hommes et les femmes. Ce qui compte vraiment, c’est d’être authentique, d’apprendre constamment et de bâtir des équipes solides.

Votre ouverture à apprendre des autres a donc contribué à façonner votre chemin. Avez-vous déjà eu un mentor?

Oui! Mon premier mentor a été mon patron dans le secteur public, même si nous n’avons jamais discuté de mentorat en tant que tel. Nous sommes restés en contact après son départ. Ses conseils étaient totalement désintéressés. Je lui ai fait confiance, parce que je savais que tout ce qu’il disait était à mon avantage seulement. Lorsqu’il est décédé, je me suis sentie soudain très seule; j’ai alors réalisé à quel point la relation avait été importante pour moi.

Plus tard, j’ai également eu une mentore officielle, une femme cadre. Elle m’a soutenue lors de moments clés de ma carrière, et j’ai appris énormément de sa force et de sa confiance en elle. Aujourd’hui, nous sommes amies, mais je continue de la considérer comme ma mentore. Je l’admire profondément.

Comment soutenez-vous la croissance du leadership d’autres femmes?

J’offre du mentorat à des femmes ingénieures, surtout lorsqu’elles passent de la vie étudiante à la vie professionnelle. Beaucoup de femmes quittent prématurément les domaines techniques; il est donc important qu’elles puissent compter sur quelqu’un en cas de difficulté. Je peux leur offrir des points de vue et des conseils fondés sur mon expérience.

Le message le plus important que j’ai à transmettre aux femmes qui cherchent à faire progresser leur carrière est le suivant : n’attendez pas.

De nombreuses femmes estiment qu’elles ne sont pas prêtes et hésitent à postuler à de nouveaux emplois si elles ne satisfont pas à toutes les exigences. Vous devez être courageuses, être prêtes à passer à l’action et démontrer vos capacités et votre désir de progresser.

Que voudriez-vous que les Canadiens comprennent au sujet d’Alto?

Qu’il s’agit vraiment d’une occasion unique pour le Canada! La technologie a fait ses preuves, et nous tirons des leçons des systèmes déjà en place dans le monde.

Alto offrira aux Canadiens un moyen moderne, sécuritaire, fiable et durable de voyager. Il permettra également de relever de réels défis dans le corridor, soit la congestion sur les autoroutes et la pression sur les aéroports.

Le train à grande vitesse est résilient. Les trains peuvent continuer de circuler en toute sécurité lorsque les routes ou les vols sont perturbés. Ce projet ne concerne donc pas uniquement la vitesse, mais aussi la fiabilité, la durabilité et le positionnement du Canada là où il doit être, c’est-à-dire parmi les pays du G7 à la fine pointe des transports modernes.