Publié le 3 novembre 2025
À quelle vitesse peut aller un train à grande vitesse? Tour du monde et vision canadienne
Quand un train est-il considéré comme étant à grande vitesse?
C’est une question simple qui ne se répond pas si facilement. Partout dans le monde, le train à grande vitesse est devenu un symbole de progrès national, reliant les villes, les économies et les gens plus rapidement que jamais. Alors que le Canada s’engage lui aussi sur une voie rapide, il vaut la peine d’explorer ce qu’on entend par « grande vitesse » et comment d’autres pays ont réussi ce virage réussi à leur façon.
Un monde en mouvement
En 1964, lorsque le premier Shinkansen japonais a quitté la gare de Tokyo, il n’a pas seulement battu un record de vitesse, il a révolutionné la manière dont le monde percevait les déplacements en train. Aujourd’hui, les trains à grande vitesse circulent à des vitesses allant de 250 à 350 km/h dans plus de 20 pays, sur plus de 56 000 kilomètres de lignes réservées.
Certaines nations ont perfectionné l’art de l’équilibre en combinant vitesse, design et fiabilité pour s’adapter à leur géographie et à leur économie.
- Japon : Le Shinkansen peut filer jusqu’à 320 km/h.
- Chine : Le réseau s’étend sur plus de 40 000 km de lignes à grande vitesse, le plus vaste au monde à ce jour. Les trains à grande vitesse frôlent souvent la vitesse maximale de 350 km/h.
- France : Le TGV exploité par SNCF Voyageurs roule régulièrement à des vitesses comprises entre 300 et 320 km/h.
- En Espagne, les trains AVE circulent fréquemment à une vitesse de 300 à 320 km/h.
Dans d’autres cas, les trains à grande vitesse roulent légèrement moins vite pour différentes raisons : géométrie des voies, corridors ferroviaires partagés ou normes nationales d’infrastructure. On les considère quand même comme des trains à grande vitesse. C’est le cas pour :
- Les trains ICE allemands, qui vont souvent entre 200 et 230 km/h sur des lignes améliorées (construites à l’origine pour les trains conventionnels).
- Le service italien Frecciabianca, qui fonctionne entre 200 et 250 km/h, tandis que ses trains Frecciarossa atteignent 300 km/h.
- Les trains suédois SJ X2 (X2000), qui filent à une vitesse commerciale maximale de 200 km/h sur des liaisons entre les grandes villes comme Stockholm, Gothenburg et Malmö.
Chaque modèle de train à grande vitesse reflète les priorités locales de chaque pays. Certains insistent sur la portée nationale, tandis que d’autres se concentrent sur la connexion entre deux villes. Tous sont d’accord sur un point : les déplacements rapides et efficaces multiplient les possibilités et améliorent les liens.
Vitesse d’ingénierie
Pour atteindre des vitesses supérieures à 250 km/h, il faut une interaction entre la technologie, l’infrastructure et le design. Le train à grande vitesse repose sur une combinaison d’infrastructures spécialisées et d’ingénierie de précision pour assurer la sécurité, le confort et l’efficacité à grande échelle.
Voici quelques-uns des éléments clés :
- Voies réservées : Dans un corridor sécurisé et séparé, ces voies sont généralement réservées exclusivement aux trains à grande vitesse, éliminant ainsi les interférences causées par la circulation routière ou les trains de marchandises.
- Sans passages à niveau : Les routes et les chemins de fer ne se croisent jamais, ce qui élimine les risques de collisions et de retards.
- Géométrie optimisée de la voie : Les trains peuvent aller plus vite sur de longues lignes droites avec très peu de courbes.
- Rails soudés en continu : Ces rails sans soudure résistent mieux aux variations de température et réduisent le bruit et les vibrations, améliorant ainsi le confort des passagers.
- Conception aérodynamique : Les profils de train élancés minimisent la résistance à l’air, ce qui améliore l’efficacité énergétique et la performance.
- Tunnels et ponts aménagés : Conçus avec soin pour assurer la sécurité lors de déplacements rapides dans une variété d’environnements.
- Système de signalisation et de contrôle de la circulation : Il permet de faire rouler différents types de trains (directs et non directs) de façon sécuritaire et fiable.
L’harmonie entre les systèmes (voies, puissance, design et sécurité) permet au train à grande vitesse non seulement de dépasser en vitesse les autres moyens de transport, mais aussi d’offrir fiabilité et confort à chaque déplacement.
Qu’est-ce que ça veut dire pour le Canada?
Dans tous les endroits où les trains les plus rapides du monde ont été introduits, ils ont profondément modifié la manière dont les gens se déplacent, en proposant des trajets rapides et confortables, sans les inconvénients des embouteillages ou de longues heures d’attente à l’aéroport. Il s’agit de passer rapidement d’un centre-ville à un autre.
La relation entre le Canada et la distance est unique. Notre géographie est vaste, notre climat est exigeant et nos villes sont très éloignées. Mais ces caractéristiques font du train à grande vitesse une idée transformatrice.
Ici, à Alto, on développe le premier train à grande vitesse du pays, conçu pour atteindre des vitesses de 300 km/h ou plus. Près de 1 000 km de voies réservées, principalement électrifiées, seront construites pour relier les grandes villes, dont Québec, Trois-Rivières, Laval, Montréal, Ottawa, Peterborough et Toronto.
En offrant une alternative rapide, fiable et peu polluante aux voitures et aux avions, Alto s’apprête à révolutionner les relations qu’on entretient les uns avec les autres, et avec le territoire.
Il était une fois en Espagne
Maria Luisa Dominguez, ancienne PDG et présidente de l’ADIF (Administrador de Infraestructuras Ferroviarias), une entreprise publique espagnole responsable de la gestion de l’infrastructure ferroviaire nationale, a personnellement expérimenté le développement de l’AVE espagnol, ayant travaillé à l’ADIF pendant près de 30 ans. Agissant maintenant à titre de cheffe de la gestion du projet pour Alto, elle apporte une perspective éclairée sur la manière dont le train à grande vitesse peut transformer un pays.
Lorsque l’Espagne a lancé sa première ligne de trains à grande vitesse entre Madrid et Séville en 1992, après une décennie de développement, la réponse a été immédiate : l’achalandage a connu une montée en flèche, les gens ayant adopté les économies de temps et la commodité.
Depuis, le réseau s’est élargi et s’étend maintenant sur plus de 4 000 km. Aujourd’hui, le train à grande vitesse n’est pas seulement un symbole du succès des transports en Espagne, il a dépassé la popularité du transport aérien sur de nombreuses liaisons intérieures, comme Madrid-Barcelone.
Évolution du réseau ferroviaire espagnol à grande vitesse au fil des ans


Tout comme l’Espagne à l’époque, le Canada est à l’aube d’une évolution qui dépasse largement le domaine des transports. Le train à grande vitesse marque un tournant dans la façon dont les Canadiens interagissent avec notre économie, notre environnement et les uns avec les autres.
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