Publié le 8 juin 2026
Mis à jour le 14 septembre 2026
La conception et la réalisation du premier réseau de trains à grande vitesse du Canada exigent un leadership avisé et l’établissement de relations à long terme avec les communautés autochtones situées le long du corridor. Cela implique de les consulter dès le début et de veiller à ce que leurs points de vue soient pleinement pris en compte dans la planification et la mise en œuvre du projet.
Nous avons rencontré Danielle, vice-présidente des relations autochtones chez Alto.
Forte de plusieurs décennies d’expérience en relations autochtones et en réalisation de grands projets, Danielle dirige le travail d’Alto auprès des communautés autochtones et veille à ce que leurs connaissances, leur expertise et leurs points de vue soient intégrés au projet à mesure qu’il avance. Son rôle consiste principalement à s’assurer que les voix des communautés sont prises en compte dans la planification et la prise de décision du projet. Elle s’efforce également de faire en sorte que le projet apporte des avantages à long terme aux communautés concernées.
Par son travail, Danielle promeut une approche collaborative et constructive de l’engagement auprès de ces communautés, une approche qui traduit la volonté de travailler ensemble sur le long terme et d’aller au-delà de la simple consultation pour parvenir à une véritable participation au projet.
Bonjour, Danielle. Pour commencer, pourriez-vous nous dire ce qui vous a attirée chez Alto?
Ce qui m’a attirée chez Alto, c’est l’occasion de contribuer à façonner un projet qui favorise à la fois la construction de la nation et le renforcement des relations. Le Canada traverse actuellement une période où les grands projets d’infrastructure et de développement dépendent de plus en plus de partenariats avec les Autochtones. Pour moi, travailler sur un projet comme Alto est l’occasion d’aller au-delà de la simple consultation pour parvenir à une véritable participation. Je compte plus de 25 ans d’expérience dans la fonction publique; j’ai travaillé sur des dossiers complexes liés à la participation économique des Autochtones, à la réconciliation et à des projets majeurs. Compte tenu de mon parcours, ce projet m’a semblé être un moment unique et important pour apporter ma contribution.
Comment décririez-vous votre rôle en quelques mots?
Mon rôle consiste essentiellement à m’assurer que les gens sont entendus avant que des décisions importantes ne soient prises. Alto met en place un projet qui touche de nombreuses communautés et territoires ancestraux; mon équipe travaille donc en étroite collaboration avec les communautés autochtones et les organisations pour comprendre leurs priorités, leurs préoccupations et leurs points de vue.
Une grande partie de mon rôle consiste à établir des relations, mais il s’agit aussi de prendre en compte ce que nous entendons et d’intégrer cela dans le processus décisionnel du projet. Nous transmettons ces renseignements aux ingénieurs, aux planificateurs et aux équipes de projet afin de développer et de concevoir ensemble.
Je contribue également à poser les bases en veillant à ce que l’obligation de consulter et, s’il y a lieu, d’accommoder, soit bien respectée.
Que signifie « relations autochtones » chez Alto, et qu’est-ce que cela ne signifie pas?
Les relations autochtones impliquent l’établissement de relations respectueuses à long terme. Cela signifie écouter dès le début, partager l’information de manière transparente et créer un espace permettant aux Nations de faire valoir leur point de vue dans la prise de décision. Il s’agit également de s’assurer que le projet apporte des avantages durables à ces Nations.
Cela ne signifie pas de cocher une case à la fin du projet ou de les consulter seulement lorsque l’on a besoin d’une autorisation. Ce n’est pas une relation transactionnelle. Il s’agit d’un dialogue bilatéral, d’une présence constante — et pas seulement lors des étapes clés — et de l’établissement d’une confiance au fil du temps. C’est là l’essence même de la démarche.
Favoriser la réconciliation est un objectif officiel du projet. En quoi est-ce qu’Alto dispose d’une occasion unique de faire les choses différemment?
Favoriser la réconciliation revêt une importance particulière dans le contexte d’un projet fédéral comme Alto. Nous agissons au nom de la Couronne, tout en jouant le rôle de promoteur du projet aux côtés de notre partenaire développeur privé, Cadence. Nous menons un projet unique, dans une position unique.
Je pense qu’Alto peut servir d’exemple fort à l’échelle nationale quant à la manière dont nous travaillons en partenariat avec les communautés autochtones. Il s’agit d’aller au-delà des exigences minimales et de travailler ensemble pour favoriser la réconciliation d’une manière qui se reflète dans le projet.
Pouvez-vous décrire la différence entre la consultation et la mobilisation des Autochtones?
La consultation est un processus formel et spécifique. L’obligation de consulter de la Couronne est une obligation constitutionnelle qui exige de mobiliser les peuples autochtones lorsqu’une action proposée est susceptible d’affecter leurs droits ancestraux ou issus de traités. Alto mène des activités de consultation au nom de la Couronne en tant que promoteur du projet.
Dans la pratique, la consultation consiste à fournir des renseignements en temps opportun et en quantité suffisante, à créer des occasions de dialogue bilatéral constructif et à prendre en compte les points de vue autochtones dans la planification du projet et la prise de décision. Le processus doit être mené de bonne foi et d’une manière proportionnée aux impacts potentiels et peut comporter des mesures visant à remédier à ces impacts ou à en tenir compte, le cas échéant.
La mobilisation fait référence à un large éventail d’activités qui accompagnent la consultation mais ne sont pas dictées par des exigences réglementaires. Elle comprend une communication régulière, des rencontres avec les communautés pour comprendre leurs priorités, leurs préoccupations et leurs points de vue, ainsi que des discussions continues sur le projet au fil de son évolution. C’est là qu’Alto établit un lien direct avec les communautés, partage de l’information et écoute comment le projet pourrait les affecter. C’est également là que les occasions de collaboration et de partenariat sont déterminées. La mobilisation est un processus continu, axé sur les relations, qui se poursuit tout au long du projet.
Pouvez-vous m’en dire un peu plus sur les priorités de votre équipe pour l’année à venir?
Cette année est cruciale pour nous. À mesure que le projet évolue, nous passons des premières discussions à une consultation plus structurée, notamment une deuxième phase de consultation sur le tracé précis du corridor, tout en continuant à travailler en étroite collaboration avec les communautés autochtones et les entreprises pour favoriser la participation socioéconomique.
Nous avons achevé la première phase de consultation, qui portait sur le corridor à l’étude, et nous passons maintenant à la consultation sur le tracé précisé. À ce stade, nous présenterons des tracés plus précis afin que les communautés puissent donner leur avis sur les impacts potentiels, les axes de collaboration, les priorités et leurs préoccupations. Ce travail contribuera à façonner l’itinéraire.
Au cours de l’été, nous nous concentrerons sur les possibilités socioéconomiques, telles que la formation, l’approvisionnement et l’emploi. À l’automne, nous entamerons des discussions sur la conception autochtone, en collaboration avec les communautés, les gardiens du savoir, les aînés et les conseillers, afin de déterminer comment ces éléments peuvent être intégrés à la conception des gares et à l’ensemble du réseau.
Parallèlement, nous poursuivons les travaux sur les études d’utilisation traditionnelle des terres, les études de terrain et l’élaboration d’un protocole archéologique conçu en collaboration avec les Premières Nations.
Pour finir, qu’est-ce qui vous semble le plus rassurant dans la manière dont le projet se déroule?
Pour moi, tout repose vraiment sur le leadership, tant au sein d’Alto que dans les collectivités. Le projet s’appuie sur une vision claire, et les gens y adhèrent. Je constate un leadership fort au sein des communautés, où les gens reconnaissent les occasions pour leurs jeunes et pour une participation économique à long terme.
Notre approche m’inspire également confiance. Nous sommes engagés dès le début, avant d’avoir toutes les réponses, et nous avons été transparents à ce sujet. Les communautés ont été surprises de constater que nous les avons impliquées et consultées aussi tôt, et elles sont encouragées par la volonté d’Alto de développer le projet en collaboration à ce stade relativement précoce. Il y a une réelle volonté de faire les choses différemment, ce qui contribue à créer une dynamique et à instaurer la confiance au fil du temps.
Merci de nous avoir accordé votre temps, Danielle.
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