Amy : Travailler à une participation fructueuse avec les communautés autochtones

Publié le 30 juin 2026
Mis à jour le 14 septembre 2026

L'équipe Alto

Amy dirige des travaux sur la contribution socioéconomique des Peuples autochtones, en mettant l’accent est mis sur l’établissement de conditions optimales pour une participation fructueuse au projet de réseau de trains à grande vitesse. Mettant à profit son expérience de la planification communautaire, du développement économique communautaire et de l’élaboration de politiques, elle suit une approche pratique et bien ancrée afin que l’engagement d’Alto se traduise par des possibilités concrètes et durables pour les communautés autochtones le long du corridor. 

Qu’est-ce qui vous a incitée à vous joindre à Alto?

Ce qui m’a attirée chez Alto, c’est en fait une présentation du projet. Je me souviens avoir alors pensé que c’était vraiment intéressant et je me suis dit que je voulais en faire partie. Ce qui m’a marquée, c’est à quel point la direction était ouverte à la participation autochtone, et à quel point cette idée était là dès le départ.

Je viens de la réserve des Six Nations de la rivière Grand, où j’ai commencé ma carrière en tant que planificatrice communautaire de l’infrastructure, du logement et du développement à long terme. J’ai également travaillé aux politiques provinciales et fédérales dans les domaines de l’énergie, du logement et du développement économique. Avant Alto, j’ai dirigé une entreprise de conseils en stratégie autochtone, en élaboration de programmes, en élaboration de politiques, en gouvernance et en leadership. 

J’ai eu la chance de contribuer à des initiatives qui ont eu de réelles retombées locales. Tout au long de ma carrière, j’ai souvent eu à concilier la responsabilité que j’ai en tant que femme Haudenosaunee de protéger la terre pour les générations futures et le besoin d’un développement moderne. J’ai pensé que cette expérience pouvait être utile à un projet de cette envergure. Je me demande sans cesse comment on peut aller de l’avant dans le respect de la terre et des générations futures.

Alto semblait être un projet de ce type, et qui avait le potentiel d’apporter un changement réel et visible. Je voulais en faire partie. 

Comment décririez-vous votre rôle en quelques mots?

Mon rôle consiste à véritablement créer les conditions pour que les communautés maximisent leur contribution au projet, surtout sur le plan économique.

Je ne vais pas dans les communautés pour concevoir des programmes pour elles. Je me demande plutôt ce qu’il faut mettre en place pour qu’elles puissent participer pleinement d’une façon qui corresponde à leurs objectifs, et quelle est la meilleure façon d’établir ces systèmes. Je me concentre sur la création de possibilités qui ont du sens pour la communauté concernée afin qu’elle puisse les saisir de façon utile et efficace. 

Qu’est-ce qui favorise le mieux une participation autochtone fructueuse au projet?

La participation repose en bonne partie sur les relations. Nos responsables de la mobilisation s’assurent que la communication est claire, que les engagements sont respectés et que les communautés ont l’information dont elles ont besoin.

C’est la confiance qu’ils établissent qui permet des discussions honnêtes. Certaines de ces discussions sont difficiles, mais sans celles-ci, il est impossible de parvenir aux meilleures solutions. Une fois que cette base est là, les idées commencent à circuler plus ouvertement, et tout le monde peut collaborer de façon fructueuse. De solides relations mènent toujours à de bons résultats. Une fois le lien établi, nous pouvons déterminer ensemble la voie à suivre.

Une mobilisation dès le départ donne aux communautés la capacité d’influencer le projet. Trop souvent, elle survient après que les décisions clés ont été prises, ce qui nuit à l’intégration des commentaires.

Nous en sommes encore à l’étape de la prise de décisions. Les communautés ont ainsi véritablement les moyens de participer et d’influencer les systèmes, les processus et les résultats, et le sentiment d’appartenance et de connexion en est renforcé. En fin de compte, cela améliore le projet.

Que faut-il pour passer de la mobilisation à une participation fructueuse?

Pour moi, ce passage se résume à la façon dont on transforme ce que nous entendons en action. Plus tôt dans ma carrière, j’ai travaillé à la fondation de la Société de développement des Six Nations de la rivière Grand. Nous avons commencé par créer des liens, en demandant à la communauté comment le développement économique pouvait traduire les priorités locales. Nous avons entièrement bâti l’organisme autour de ce que nous avons entendu, et celui-ci connaît beaucoup de succès aujourd’hui et a considérablement réinvesti dans la communauté.

Chez Alto, c’est par l’engagement que tout commence. Avoir de nombreuses voix autour de la table renforce le projet. Le véritable travail consiste à créer des systèmes et des processus fondés sur ce que disent les communautés et à intégrer leurs contributions dans le fonctionnement du projet, qu’il s’agisse d’approvisionnement, de formation ou autre.

Donnez-nous un exemple concret de participation

Quand une communauté examine ce que nous avons construit et qu’elle s’y reconnaît, c’est que nous avons bien fait les choses.

L’approvisionnement auprès des Peuples autochtones en est un exemple concret. Nous travaillons avec des communautés qui possèdent déjà leur répertoire d’entreprises et leurs processus de vérification.

Si une communauté a déjà répertorié et vérifié les entreprises sur son territoire, nous pouvons reconnaître ce répertoire et l’utiliser. Ainsi, lorsque des occasions d’approvisionnement se présentent, les communautés voient que le processus tient compte de leurs systèmes.

Il s’agit aussi de respecter l’autonomie en matière de gouvernance. Les communautés ont créé leurs propres systèmes, et notre rôle est de les promouvoir et de les respecter, et non de les remplacer.

Quelles sont les retombées à long terme, en plus de la création d’emplois et de l’approvisionnement?

Les emplois et l’approvisionnement sont importants, mais ils ne sont qu’un élément parmi d’autres. Je consacre beaucoup d’efforts aux retombées socioéconomiques et à la participation à long terme.

Cela peut inclure le fait d’offrir des possibilités qui se poursuivent durant l’exploitation, comme les programmes de formation, la prestation de services permanents ou la contribution d’entreprises autochtones à l’expérience des passagers. On peut imaginer, par exemple, des produits, des offres ou des services proposés dans les gares, qui s’inspirent des récits et des communautés autochtones.

Il y a aussi la contribution financière à long terme. Pour les communautés, c’est une occasion de prendre part au projet tout au long de son cycle de vie et de créer une valeur durable, qui se poursuit bien après la phase de construction.

Étant donné que le projet en est encore à ses débuts, nous avons une excellente occasion d’harmoniser ses besoins avec les intérêts des communautés d’une façon très directe.

Comment aller plus loin dans les relations avec les Peuples autochtones?

Pour moi, la base, c’est l’obligation légale de consulter. C’est une étape essentielle. Tout ce qui est au-delà de cette base ouvre le champ des possibilités. Vous pouvez alors être plus créatifs, étudier les demandes des communautés et trouver des façons d’intégrer ces demandes dans le projet.

J’ai étudié l’architecture, et je réfléchis donc sur le plan des systèmes. Je cherche toujours à voir comment les différents éléments s’imbriquent les uns dans les autres. Dans mon rôle, cela signifie que je dois cerner les possibilités (ce sont parfois des choses auxquelles on ne s’attendrait pas initialement) et déterminer comment les insérer dans le projet.

Pour moi, Alto, c’est plus qu’un projet de trains à grande vitesse. C’est tout ce qui peut en découler, comme de nouvelles possibilités, de nouveaux partenariats et de nouvelles façons pour les communautés de participer.

Merci de nous avoir accordé un peu de temps, Amy.